Mutual Audit et Alixe s’associent au service de la qualité et de la sécurité alimentaire

Plateforme de mutualisation des audits fournisseurs depuis 2015, Mutual Audit poursuit sa mission de sécurisation des approvisionnements dans l’industrie agroalimentaire par le biais de contrôles et audits mutualisés. Lancée en 2018, la plateforme Alixe, est, elle, dédiée à la collecte de documents liés aux évaluations des sites de production ainsi que les fiches techniques des produits et ingrédients alimentaires. Complémentaires, les deux plateformes envisagent une fusion en 2020, afin de mieux servir les responsables qualité et achats de l’industrie agroalimentaire. Interview croisée de Fabrice Rivaille, directeur de Mutual Audit et Baptiste Moreu, directeur d’Alixe.

Comment s’est construite la plateforme Alixe ?

Baptiste Moreu : Dès 2016, nous avons posé les prémices de cette plateforme avec les responsables qualité des industriels de l’agroalimentaire, notamment les salaisons Tallec (groupe Agrial) et Lechef Traiteur. La question qui revenait était : comment récupérer facilement les informations de mes fournisseurs en matière de production et de produits ? Jusqu’alors, tout était très archaïque. Les clients envoyaient des questionnaires à leurs fournisseurs et chacun y répondait individuellement. 90 % des questions étaient pourtant identiques. Nous avons ainsi eu l’idée de collecter ces informations dans un espace commun dans lequel les clients pourraient extraire l’information dont ils ont besoin, suivant l’autorisation délivrée par leur fournisseur. 450 entreprises ont répondu favorablement à la création de cette plateforme, en abondant à la fois des documents sur l’évaluation de leurs sites de production, grâce à un questionnaire uniformisé, et en ajoutant des fiches techniques sur leurs produits. L’accès aux documents est soumis à confidentialité et hautement sécurisé.

Quel est l’avantage pour les responsables qualité ?

Fabrice Rivaille : Quand un fournisseur change la typologie d’un produit ou la provenance d’un de ses ingrédients, il n’en informe pas systématiquement son client. Parce qu’il n’en a pas le temps, ni le réflexe. Mais cela a un impact sur la recette de ce dernier qui devient erronée. Cela peut avoir des conséquences en matière de sécurité des aliments et d’information consommateur. La plateforme Alixe permet de modifier un ingrédient ou sa provenance et d’en informer directement le client grâce à une alerte et une mise à jour. La transmission de l’information gagne en transparence et en fluidité.

Baptiste Moreu : Par ailleurs, lorsque les documents attestant de la certification bio ou sans gluten arrivent à expiration, le fournisseur reçoit également une alerte afin de faire le nécessaire pour leur mise à jour. Ce qui lui permet de rester dans la conformité. C’est un vrai gain de temps et d’énergie pour les responsables qualité et achat des IAA, qui se voient libérés des tâches administratives et peuvent se concentrer sur leur vrai métier.

Comment s’explique le rapprochement avec Mutual Audit ?

Fabrice Rivaille : Nous travaillons déjà avec la même clientèle, les mêmes interlocuteurs dans l’industrie agroalimentaire, les mêmes fournisseurs. Nos missions sont complémentaires et servent toutes les deux les fonctions qualité, sécurité et sécurisation des approvisionnements. Si le responsable qualité, qui a accès aux documents, est inquiet sur un ingrédient sujet à la fraude, c’est là qu’il va pouvoir déclencher un audit. La collecte d’informations intervient en amont des audits et des contrôles. L’objectif de notre rapprochement est de mutualiser ces outils et ces compétences au profit de la qualité et de la sécurité alimentaire. Notre souhait est de mettre en place une plateforme sécurisée d’approvisionnement labellisée, en France et en Europe.

Comment pourrait s’opérer concrètement cette intégration des deux plateformes ?

Baptiste Moreu : Concrètement, cette plateforme de sourcing labellisée devrait permettre aux responsables qualité de sortir de leurs missions administratives, pour peu qu’ils changent également leurs habitudes, afin d’optimiser la plus-value opérationnelle de leurs équipes sur le terrain.

Fabrice Rivaille : La fusion des deux structures pourrait avoir lieu à l’été 2020, grâce à une augmentation de capital de 300 K€ à 500 K€. Cette levée de fonds, nous aimerions la réaliser auprès des industriels clients de cette future plateforme globale de services, afin d’accélérer son développement commercial. Notre objectif est de réaliser 1 M€ de chiffre d’affaires en 2022.